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Strasbourg. La chaussette d’évacuation de la Maison Kammerzell au banc d’essai


À ne pas y regarder de près, on pourrait croire à un équipement d’une de ces aires de jeux intérieures qui font le bonheur des enfants. Ce drôle de tube en tissu d’une dizaine de mètres de haut n’a pourtant rien de divertissant. Cette chaussette d’évacuation — c’est son nom — vise à faciliter la sortie des personnes se trouvant à l’intérieur de la Maison Kammerzell, un bâtiment historique faiblement doté en escaliers et en sorties de secours. À Strasbourg, seul l’hôtel Gutenberg en est également doté.

Le dispositif a été installé au milieu des années 1980 lorsque le restaurant a pris possession du troisième étage. « On appuie sur une pédale, la trappe s’ouvre et la chaussette se déplie », explique Luc Zingle, directeur de l’hôtel-restaurant qui emploie une soixantaine de personnes. En temps normal, l’établissement tourne 365 jours par an.

Soulagement à l’atterrissage

« On a profité du contexte particulier pour organiser un exercice grandeur nature », poursuit le patron, qui a mobilisé une trentaine d’employés, notamment les douze maîtres d’hôtel, les trois réceptionnistes, le chef et le chef pâtissier. Place de la Cathédrale, des personnels d’Otis veillent au bon fonctionnement de la chaussette. L’atterrissage sur les pieds est généralement assorti d’un sourire mi-triomphal mi-soulagé.

Rue des Hallebardes, sur le flanc de la Maison Kammerzell, les sapeurs-pompiers ont déployé l’échelle pivotante automatique. Un départ de feu a été simulé dans une chambre. « Ça nous permet de nous familiariser avec un bâtiment complexe, qui, en plus, présente un enjeu patrimonial important », expose le capitaine Cédric Eschbach, en charge des risques bâtimentaires dans l’Eurométropole. Pour les pompiers aussi, la chaussette a un caractère insolite : « Nous, on ne se sert pas de ça. » Ils privilégieront toujours la grande échelle pour les évacuations.